Mika, révélation 2007
Concerts à Lille (Zénith) le 10 octobre, à Paris (Zénith) le 11, à Nantes (Zénith) le 12, à Grenoble (Summum) le 14, à Montpellier (Zénith) le 15, à Toulouse (Zénith) le 16. Presque tous complets. Site du chanteur : www.mika.fr Si vous ne regardez pas la télé ou n'écoutez pas la radio, si vous n'avez pas d'enfants en âge de surfer sur les sites musicaux les plus fréquentés d'Internet, vous n'avez peut-être pas entendu parler de Mika. Dans le cas contraire, vous êtes sans doute capable de fredonner sans même vous en rendre compte les refrains sucrés de « Grace Kelly », « Relax Take it Easy », voire de « Love Today » ou de « Lollypop », les tubes de son premier album, « Life in a Cartoon Motion » (1), sorti il y a à peine six mois. Mais qui est cette comète bouclée qui en un temps record a vendu plus de 2 millions d'albums (dont 500.000 en France) et affiche pratiquement complet pour ses concerts à venir en octobre-novembre ? Pour quelle raison sa pop de dessin animée fait-elle tant d'émules ?A tout juste vingt-quatre ans, Mika, alias Michael Holbrook Penniman, est un artiste surdoué et inclassable. Né d'une mère libanaise et d'un père américain, il quitte dans son jeune âge le Liban pour Paris, puis, au bout de quelques années, s'installe à Londres. Après le lycée français, il renonce à des études économiques pour le Royal College of Music. De formation classique, le jeune Mika se rêve pop-star et décide de n'avoir aucun tabou. Qu'importe si ses références vont de Abba à Queen, en passant par Elton John, les Bee Gees, la disco de pacotille, les comédies musicales de Broadway, et même la variété française (il avoue encore aujourd'hui un culte pour Sylvie Vartan), il fera la musique qui lui plaît. Ce qui n'est pas du tout du goût des maisons de disques britanniques, plus occupées à promouvoir de jeunes groupes de rock énervés - le courant dominant de ce début du 3e millénaire.
Vedette du téléchargement
C'est oublier que la mode musicale ne se fait plus (seulement) dans les bureaux des directeurs artistiques des majors, mais de plus en plus sur Internet. Sa chanson « Relax (Take it Easy) », concentré de tous les tubes de la création (rappelant fortement un standard de Sheila) sorti en 2006, fait un malheur et devient vite une des vedettes du téléchargement. Son second single, « Grace Kelly », suit le même chemin et, du coup, Barclay s'intéresse à lui. Le plus étonnant, c'est qu'il conquiert autant un public rock radical, avide de nouvelles sensations, que des adolescent(e)s fans de variétés, séduits par son physique d'angelot.
A vrai dire, Mika n'est pas né du néant. Sans faire partie d'une vraie famille, il rejoint une nébuleuse d'extraterrestres qui, chacun dans leur coin, dynamitent depuis quelques années les codes de la musique pop, comme le chanteur canadien Rufus Wainwright (fou de Judy Garland et de Ravel) et le groupe new-yorkais The Scissor Sisters (mélange du Velvet underground, des Bee Gees et des Village People), dont nous avons déjà vanté les mérites dans « Les Echos week-end ». Avec eux, il partage un don mélodique évident, l'art d'écrire des textes gentiment ironiques et un sens de l'humour et du décalage consommé. Son triomphe correspond à un besoin récurrent de légèreté, dans un paysage rock souvent sombre, rebelle et désespéré. On se souvient de l'éclosion du « glam rock » dans les années 1970 (« glam » pour glamour), porté par des stars éphémères comme Gary Glitter, Suzy Quatro ou le génial T. Rex. Jadis, on pouvait aimer les Stones et Abba. Aujourd'hui, on peut aimer les Artic Monkeys (tenants d'un rock british rude)... et Mika. A la longue, on risque de s'agacer de ses rengaines et de ses trilles suraiguës, diffusées en boucle sur les ondes. Mais la jeune star hybride a suffisamment de talent pour se renouveler, mûrir et évoluer vers encore plus de grâce... et plus de profondeur. Le temps dira si les étoiles qui brillent aujourd'hui dans son firmament sont de l'or ou de simples paillettes.
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